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Les escadrons énormes s'ébranlèrent. Alors on vit un spectacle
formidable. Toute cette cavalerie, sabres levés, étendards et trompettes au vent,
fermée en colonne par division, descendit, d'un même mouvement et comme un seul homme,
avec la précision d'un bélier de bronze qui ouvre une brèche, la colline de la
Belle-Alliance, s'enfonça dans le fond redoutable où tant d'hommes déjà étaient
tombés, y disparut dans la fumée, puis, sortant de cette ombre, reparut de l'autre
côté du vallon, toujours compacte et serrée, montant au grand trot, à travers un nuage
de mitraille crevant sur elle, l'épouvantable pente de boue du plateau de
Mont-Saint-Jean. Ils montaient, graves, menaçants, imperturbables ; dans les intervalles
de la mousqueterie et de l'artillerie, on entendait ce piétinement colossal.
Victor Hugo Les Misérables Waterloo - Quatrième partie livre I, chap. 9. |