Qui est concerné ?

Pouvons-nous ignorer le problème ? Pourquoi ?

Qui est plus précisément désigné par Hugo ?
 

*Toutefois, cela ne suffit pas. Se laver les mains est bien, empêcher le sang de couler serait mieux.
      Aussi ne connaîtrait-il pas de but plus élevé, plus saint, plus auguste que celui-là : concourir à l'abolition de la peine de mort. Aussi est-ce du fond du coeur qu'il adhère aux voeux et aux efforts des hommes généreux de toutes les nations qui travaillent depuis plusieurs années à jeter bas l'arbre patibulaire, le seul arbre que les révolutions ne déracinent pas.
Le dernier jour d'un condamné- Préface 1832

*Que les gens du roi ne viennent donc plus nous demander des têtes, à nous jurés, à nous hommes, en nous adjurant d'une voix caressante au nom de la société à protéger, de la vindicte publique à assurer, des exemples à faire. Rhétorique, ampoule, et néant que tout cela ! un coup d'épingle dans ces hyperboles, et vous les désenflez. Au fond de ce doucereux verbiage, vous ne trouvez que dureté de coeur, cruauté, barbarie, envie de prouver son zèle, nécessité de gagner ses honoraires. Taisez-vous, mandarins ! Sous la patte de velours du juge on sent les ongles du bourreau.
Le dernier jour d'un condamné- Préface 1832

*Mais levez-vous donc, catholiques, prêtres, évêques, hommes de la religion qui siégez dans cette assemblée et que je vois au milieu de nous ! levez-vous, c’est votre rôle ! Qu’est-ce que vous faites sur vos bancs ? Montez à cette tribune, et venez, avec l’autorité de vos saintes croyances, avec l’autorité de vos saintes traditions, venez dire à ces inspirateurs de mesures cruelles, à ces applaudisseurs de lois barbares, à ceux qui poussent la majorité dans cette voie funeste, dites-leur que ce qu’ils font là est mauvais, que ce qu’ils font là est détestable, que ce qu’ils font là est impie ! (Oui ! oui !) 
La déportation -
1850

*Oui, je le déclare, ce reste des pénalités sauvages, cette vieille et inintelligente loi du talion, cette loi du sang pour le sang, je l’ai combattue toute ma vie, – toute ma vie, messieurs les jurés ! – et, tant qu’il me restera un souffle dans la poitrine, je la combattrai de tous mes efforts comme écrivain, de tous mes actes et de tous mes votes comme législateur, je le déclare (M. Victor Hugo étend le bras et montre le christ qui est au fond de la salle, au-dessus du tribunal) devant cette victime de la peine de mort qui est là, qui nous regarde et qui nous entend ! Je le jure devant ce gibet où, il y a deux mille ans, pour l’éternel enseignement des générations, la loi humaine a cloué la loi divine ! (Profonde et inexprimable émotion. )
Pour Charles Hugo -
1851

*Je dis : ne le tuez pas, car, sachez-le bien, quand on peut empêcher la mort, laisser mourir, c’est tuer.
Affaire Tapner : Aux habitants de Guernesey - 1854

*Peuple de Guernesey, rien n’est petit quand il s’agit de l’inviolabilité humaine. Le monde civilisé vous demande la vie de cet homme.
Qui suis-je ? rien. Mais a-t-on besoin d’être quelque chose pour supplier ? est-il nécessaire d’être grand pour crier grâce ?
Aux habitants de Guernesey - 1854

*Tapner condamné, un cri s’élève, les pétitions se multiplient  ; une, qui s’appuie énergiquement sur le principe de l’inviolabilité de la vie humaine, est signée par six cents habitants les plus éclairés de l’île. Notons ici que, des nombreuses sectes chrétiennes qui se partagent les quarante mille habitants de Guernesey, trois ministres seulement* ont accordé leur signature à ces pétitions. (* M. Pearce, M. Carey, M. Cockburn.) Tous les autres l’ont refusée. Ces hommes ignorent probablement que la croix est un gibet. Le peuple criait : grâce ! le prêtre a crié : mort ! Plaignons le prêtre et passons.
À lord Palmerston - 1854

*J’ai encore dans l’oreille, après plus de quarante ans, et j’aurai toujours dans l’âme l’épouvantable cri de la suppliciée. Pour moi, c’était une voleuse, ce fut une martyre. Je sortis de là déterminé – j’avais seize ans – à combattre à jamais les mauvaises actions de la loi.
Genève et la peine de mort - 1862

*Non, ne nous lassons pas de répéter ce cri : Plus d’échafaud ! mort à la mort !
C’est à un certain respect mystérieux de la vie qu’on reconnaît l’homme qui pense.
Genève et la peine de mort - 1862

*Il est bon de mettre ces détails sous les yeux des penseurs. Les penseurs précèdent les législateurs. La lumière faite d’abord dans les consciences se fait plus tard dans les codes.
Affaire Doise - 1862

*L'échafaud, en effet, quand il est là, dressé et debout, a quelque chose qui hallucine. On peut avoir une certaine indifférence sur la peine de mort, ne point se prononcer, dire oui et non, tant qu'on n'a pas vu de ses yeux une guillotine ; mais si l'on en rencontre une, la secousse est violente, il faut se décider et prendre parti pour ou contre. Les uns admirent, comme de Maistre, les autres exècrent, comme Beccaria. La guillotine est la concrétion de la loi ; elle se nomme vindicte ; elle n'est pas neutre, et ne vous permet pas de rester neutre.
Les Misérables, I Fantine - Un juste, 4 - 1862

*Continuez, reprenez fièrement votre tâche de tous les jours, plaidez toutes les causes justes, faites le procès au préjugé, à la superstition, au mensonge, à l'ignorance ; soyez la voix incorruptible et sincère, dites leur fait aux monarchies en Europe et aux républiques en Amérique, combattez la guerre, tuez la peine de mort, mandez à la barre de l'humanité l'échafaud, ce vieux coupable ; il fait nuit dans notre civilisation, demandez qu'on apporte de la lumière ; réclamez, avec la monotonie tenace de la conviction, l'enseignement gratuit et obligatoire ; criez aux esclaves : Délivrance ! et aux peuples : Instruction ! Science est identique à liberté. S'instruire, c'est se libérer.
Au journal Le Phare de la Loire - 1863

*Nous sommes tous mêlés à ce que fait la Grève ;
Quand un homme, en public, nous voyant comme un rêve,
Meurt, implorant en vain nos lâches abandons,
Ce meurtre est notre meurtre et nous en répondons ;
C'est avec un morceau de notre insouciance,
C'est avec un haillon de notre conscience,
Avec notre âme à tous, que l'exécuteur las
Essuie en s'en allant son hideux coutelas.
Les Quatre vents de l'esprit - L'échafaud -1870

*Si l’on veut savoir de quel droit j’interviens dans cette douloureuse affaire, je réponds : de l’immense droit du premier venu. Le premier venu, c’est la conscience humaine.
Pour un soldat - 1875