VIII. Les divinités de la Gaule Romaine



Le Musée des Antiquités de Rouen possède de très belles statuettes représentant la plupart des dieux honorés dans l'Antiquité.

Les Lares domestiques

Le dieu lare, protecteur du foyer, est, le plus souvent représenté sous la forme d’un jeune homme imberbe, le torse droit, le visage de face, dans une position de danse.

Les dieux gaulois «non-romanisés»

Epona

Epona est une déesse-cavalière, dont le nom se rattache à celui du cheval *epos étant l’équivalent gaulois du latin equus.

«Epona est en effet la patrone des cavaliers de l’armée, palefreniers, conducteurs, voyageurs ; sa tutelle s’étend aux mulets, aux ânes ; Apulée nous apprend que son image ornait les écuries...Protectrice des juments et des poulains, elle assure la prospérité agricole d’une façon générale ; c’est pourquoi on lui voit souvent entre les bras une corne d’abondance, une patère ou une corbeille de fruits.» (P.M. Duval, Les Dieux de la Gaule, p. 50).Elle est représentée comme une jeune femme portée par une jument. C’est une déesse vierge.

Les déesses mères

Leur nom est tantôt Matres, tantôt Matrae ou encore Matronae. Elles représentent la «femme-mère» dans son acception la plus complète.

Elles sont représentées tantôt comme mères, portant un ou deux enfants qu’elles allaitent, tantôt comme des déesses de l’abondance, portant une corbeille de fruits ou une patère.

Sucellus, le dieu au maillet

Sucellus, toujours d’âge mûr et barbu, est vêtu à la gauloise d’une tunique courte à la ceinture, d’un capuchon, de braies et de bottes. Sucellus était dispensateur de nourriture.

Taranis, le dieu à la roue

Il sera assimilé à Jupiter.

Dieux locaux

La déesse Rosmerta porte également la corbeille de fruits ou la corne d’abondance, la patère ou la bourse ; elle est souvent associée à Mercure en Gaule.

De très nombreux dieux locaux ne se sont pas laissé romaniser, notamment les déesses des eaux (Divona, Matrona, Sequana, etc.).

Les dieux «gallo-romains»

Mercure

C’est sans doute le plus grand dieu de la Gaule romaine. César affirmait : « Le dieu que les Gaulois honorent principalement est Mercure. Ils sont de lui un très grand nombre d’effigies, ils le tiennent pour l’inventeur de tous les arts, ils considèrent qu’il est le maître des chemins et des voyages, et qu’il manifeste une très grande efficacité en matière de gains d’argent et de trafics mercantiles» (César, B.G.VI,17,1). Ses attributs demeurent ceux des romains ( homme jeune, ailerons dans la chevelure ou chapeau (pétase) ailé, ailes aux chevilles, caducée dans la main gauche, bourse dans la main droite). Mais ils peut revêtir d’autres aspects plus «gaulois», et être revêtu du manteau gaulois ou être accompagné d’animaux (coq, chèvre, tortue).

Hercule

Le demi-dieu Hercule connaît plusieurs formes de représentations en Gaule. C’est qu’il semble avoir assimilé un certain nombre de divinités locales qui lui ressemblaient sans doute par leur force physique et leur capacité à vaincre les animaux. Ainsi le dieu Smertios, dieu tueur de serpents, était porteur d’une massue ; le dieu Ogmios, assimilé également à Hercule est bien connu par un texte de Lucien de Samosate qui est la description d’un tableau vu à Marseille :

«C’est Héraclès que les Celtes appellent Ogmios dans la langue du pays mais l’image qu’ils peignent du dieu est tout à fait étrange. Pour eux, c’est un vieillard sur la fin de sa vie, chauve sur le devant de la tête, tout blanc de cheveux pour ce qu’il en reste, de peau rugueuse et brûlée par le soleil... Tel qu’il est cependant, il porte l’équipement d’Héraclès, car il porte la dépouille de lion, tient de la main droite la massue, a le carquois à l’épaule et de la main gauche présente un arc tendu; et c’est tout Héraclès que cela.» (Lucien, Propos, Héraclès).

Apollon

Il est représenté sous l’aspect traditionnel d’un jeune homme. Il est souvent appelé Bélénos.

Diane

Elle se présente en Gaule sous l’aspect d’une chasseresse peu féminine. Elle conserve les attributs traditionnels (l’arc et le carquois), mais sa tête est parfois ornée d’un croissant de lune, et peut être accompagnée d’une biche ou d’un chien.

Mars

Il y a peu de représentations de Mars, le dieu de la guerre, en Gaule. Elles sont d'ailleurs assez diverses et témoignent du remplacement par Mars de certaines divinités locales.

Jupiter

Le Jupiter gallo-romain est représenté comme un homme d’âge mûr, nu ou drapé dans un manteau d’apparat. Il tient le sceptre dans une main et la foudre dans l’autre. Parfois on trouve aussi la roue (cf. Taranis).

Minerve

Minerve apparaît avec ses attributs traditionnels : le casque et la lance. Elle "préside aux travaux manuels et aux oeuvres d'art".

Vénus

La déesse de la beauté est très présente dans le monde gallo-romain. Représentée nue, à la toilette, elle est le thème de nombreuses statuettes votives.

Autres dieux importés en Gaule

D'autres dieux méditerranéens ont été importés en Gaule. On trouve notamment des représentations du dieu Sol, dont le Musée des Antiquités présente une sculpture remarquable. Il est reconnaissable aux rayons qui entourent sa tête.

Mais d'autres dieux comme Mithra (reconnaissable au bonnet phrygien et à la présence du taureau) ou Isis pouvaient faire l'objet d'un culte en Gaule romaine.

Bibliographie

S. DEYTS, Images des dieux de la Gaule, Editions Errance.

P.-M. DUVAL, Les dieux de la Gaule, Petite Bibliothèque Payot n°298, 1976.

Les dieux de la Gaule romaine, catalogue raisonné de l’exposition d’avril-juin 1989 de la Villa Vauban à Luxembourg.

R. MAGNEN, Epona, déesse gauloise des chevaux, protectrice des cavaliers, Bordeaux, 1953.