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Île et utopie arlequin

Plan

1 - L’utopie : étymologie, définition et origines
2 - Marivaux, l’île et l’utopie
3 - L’île, l’utopie et le théâtre
4 - L’île, le temps et l’espace
5 - La fin de l’utopie ?

6 - Le bon sauvage : l’utopie insulaire peut-elle exister dans le monde réel ?

 

1 - L’utopie : étymologie, définition et origines
 
Le mot « utopie » vient du grec « ou » (non) et « topos » (lieu) : « nulle part », « en aucun lieu ». Malgré son étymologie grecque, il n’a pas une origine très ancienne : il fut inventé en 1516 par Thomas More, homme politique et penseur anglais qui imagina une île appelée « Utopia » où serait établie une société parfaite dont il décrit en détail l’organisation dans un livre du même nom. Dès le début, le mot « utopie » renvoie donc à un lieu (un « non-lieu »), à une société imaginaire, et à l’œuvre qui en fait la description. On peut noter le lien étroit entre l’île et l’utopie.

Des éléments de définition :
http://expositions.bnf.fr/utopie/arret/d0/index.htm
http://www.cvm.qc.ca/encephi/Syllabus/Litterature/18e/utopie.htm

Des articles de dictionnaire :
http://www.cnrtl.fr/definition/utopie
http://www.cnrtl.fr/definition/utopique
http://www.cnrtl.fr/definition/utopiste

Pistes de recherche : dans les pages web référencées ci-dessus, rechercher les éléments de définition qui peuvent s’appliquer aux pièces de Marivaux. Se renseigner sur les auteurs d’utopies cités.

Les sources de l’utopie :

http://expositions.bnf.fr/utopie/arret/d1/index.htm

Platon et l’utopie insulaire

L’utopie existait déjà avant que le mot ne soit inventé. Les premières utopies importantes sont celles proposées par le philosophe grec Platon (IVe siècle av. J.-C.). Dans son ouvrage intitulé La République, celui-ci propose le modèle d’une société parfaite. Mais il ne recourt pas à la fiction : le livre élabore peu à peu le modèle de la République idéale sans la situer dans un lieu précis, même imaginaire, ni l’incarner dans un peuple ou des personnages.
Une autre contribution de Platon à la naissance de l’utopie est la création du mythe de l’Atlantide, dans deux livres différents, le Timée et le Critias. Cette île, dont on admet aujourd’hui qu’elle est purement imaginaire, est placée par le philosophe dans l’Atlantique, au-delà des « colonnes d’Hercule », c’est-à-dire du détroit de Gibraltar, en-dehors du monde connu à l’époque. C’est donc bien, au sens « géographique », un lieu de nulle part, une u-topie. L’Atlantide de Platon est une société puissante et organisée, mais ce n’est pas une cité idéale puisqu’elle tombe dans la corruption, au point d’attirer sur elle le châtiment divin. Avec ce mythe, Platon établit pour la première fois le lien entre l’utopie et l’île.
On peut donc dire que Platon, dans ses différents ouvrages, élabore séparément les composantes de l’utopie insulaire : la description d’une société idéale, l’emploi de la fiction, la localisation dans une île écartée : cependant, il ne les réunit pas toutes ensemble.

Pistes de recherche : l’histoire de l’Atlantide selon Platon ; les structures de la société des Atlantes.

L’Utopia de Thomas More

Une présentation illustrée :
http://expositions.bnf.fr/utopie/arret/d2/index.htm
Un document pédagogique (texte et questions) :
 http://blog.crdp-versailles.fr/lelu/public/utopie/docsintroutopie.pdf

Pistes de recherche : la géographie de l’île d’Utopia ; l’organisation de la société utopique.

 


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2 - Marivaux, l’île et l’utopie

On peut classer de la façon suivante les différents rôles de l’île dans l’utopie :
            - Des voyageurs arrivant sur une île découvrent de l’extérieur une société déjà constituée, dont ils vont explorer le fonctionnement, parfois à leurs dépens. C’est le cas de L’Île des esclaves, et aussi de L’Île de la raison.
            - Arrivant sur une île déserte, le ou les naufragés vont devoir constituer à partir de zéro une nouvelle organisation matérielle et sociale. C’est ce qui arrive dans La Colonie.
Cependant, les îles de Marivaux ne sont pas de véritables utopies comme celle de Thomas More, par exemple. On peut les définir comme des utopies-miroirs : elles reflètent, quitte à les déformer, les réalités sociales du monde réel, auquel elles renvoient.
Ainsi, dans L’Île des esclaves, l’utopie repose sur l’inversion exacte des rapports entre maîtres et valets. Même si, pour les habitants de l’île, les distinctions de classe sociale semblent abolies, les personnages principaux retournent à la fin vers le monde réel : au miroir des esclaves, les maîtres auront appris à réfléchir à leur comportement envers leurs valets et à l’améliorer.
Dans La Colonie, la mise en place d’une nouvelle organisation sociale fondée sur l’égalité des sexes se heurte aux préjugés persistants des hommes et des femmes et au fossé entre les classes sociales, qui n’a pas été aboli. L’échec final ouvre seulement sur la promesse des hommes de tenir compte désormais des « droits » des femmes, lesquels ne sont pas précisés.
Dans les deux cas, l’île sert de point de départ à l’utopie ; mais son utilité est provisoire : ou bien on la quitte (L’Île des esclaves), ou bien elle cesse d’être un monde à part pour ressembler au nôtre (La Colonie).

 


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3 - L’île, l’utopie et le théâtre.

Il existe des affinités entre l’utopie, l’île et le théâtre. Il revient à Marivaux de les avoir exploitées le premier : la scène de théâtre, comme l’île, est un lieu séparé, isolé du monde réel par la barrière invisible qui sépare le plateau de la salle, l’univers de la fiction de celui de la réalité. Iphicrate et Arlequin, débarquant sur l’île des Esclaves, sont comme les représentants des spectateurs sur la scène, dans une société dont les lois sont différentes des leurs : ce sont un maître et un serviteur analogues à ceux qui remplissent la salle et auxquels s’adresse la leçon de la pièce.
De plus, la scène de théâtre, parce qu’elle est séparée du monde réel, est un lieu propice aux expérimentations imaginaires de toutes sortes : ainsi, dans une pièce intitulée La Dispute, Marivaux met face à face des jeunes gens et des jeunes filles élevés dans la solitude et dans l’ignorance du monde, et notamment de l’autre sexe. Ils vont découvrir l’existence de l’amour en même temps qu’ils en font l’expérience. Le but de cette « expérimentation » est ici de découvrir d’où provient en premier lieu l’inconstance amoureuse, des hommes ou des femmes. Cependant, il ne s’agit pas là d’une véritable utopie puisque cette pièce ne traite pas de l’organisation politique et sociale.
On pourrait croire que, sur l’espace restreint d’un plateau de théâtre, il est plus difficile de mettre en scène la représentation de toute une société, ce qui est le propre de l’utopie. C’est pourtant ce que tente Marivaux dans L’Île des esclaves et La Colonie. En effet, les personnages, peu nombreux, sont chacun les représentants d’un groupe social particulier ; cela permet la représentation efficace et simplifiée des composantes de la société. Ainsi, dans L’Île des esclaves, Iphicrate et Euphrosine d’une part, Arlequin et Cléanthis d’autre part représentent à eux seuls l’ensemble des maîtres et l’ensemble des valets. Dans La Colonie, la situation est plus complexe : si Arthénice et Mme Sorbin sont bien toutes deux les représentantes des femmes, elles incarnent aussi chacune une classe sociale différente : la noblesse et le peuple.

 


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4 - L’île, le temps et l’espace

            L’utopie est un lieu de nulle part. L’île, par son isolement, offre donc un terrain privilégié à l’imagination utopique. Mais ce n’est pas assez que l’île soit lointaine, il faut qu’elle soit aussi inaccessible, sans communication avec le monde réel.
Une possibilité est de dire qu’on ne sait pas où elle se trouve : ainsi, Thomas More affirme avoir eu connaissance de l’île d’Utopie par un certain Raphaël, qui s’y serait rendu, mais qui aurait « oublié » de lui préciser dans quelle région du monde elle se situait.
La solution la plus simple, dans les siècles passés, était de la situer hors du monde connu, dans des mers inexplorées : c’est le cas, par exemple, de l’île des Houyhnhnms, dans Les Voyages de Gulliver de Swift, où des chevaux intelligents ont organisé une société parfaitement raisonnable. C’est encore le cas dans L’Île mystérieuse, de Jules Verne (1874) vaguement localisée quelque part dans le Pacifique sud ; ou même dans W ou le souvenir d’enfance, de Georges Perec (1975) : c’est du côté de la Terre de Feu, au sud des Amériques, que se trouverait l’île de W, où l’auteur installe une terrible société totalitaire fondée sur l’idéal olympique (ce qu’on appelle une « contre-utopie ») : « Il y aurait là-bas, à l’autre bout du monde, une île. Elle s’appelle W. » Le mélange du conditionnel et de l’indicatif montre bien le statut particulier de l’île utopique, entre réel et imaginaire.
Signalons encore l’existence d’« îles terrestres », si l’on peut dire. Dans un épisode bien connu de Candide, Voltaire situe l’utopie de l’Eldorado au cœur de la forêt amazonienne ; de hautes montagnes empêchent de tous côtés l’accès à ce territoire.
Cependant, les progrès de l’exploration de la Terre par les Occidentaux ont rendu de plus en plus difficile une localisation géographique des utopies. Au XXe siècle, on commence donc à les reculer au-delà de notre globe, dans l’espace : c’est la planète inconnue qui va devenir une nouvelle île pour l’utopie, dans la science-fiction :

Sur l’utopie dans la science-fiction :
http://www.cafardcosmique.com/Utopie-la-SF-en-quete-du-monde

L’éloignement dans le temps vient parfois s’ajouter ou se substituer à l’éloignement dans l’espace. Dans un épisode des Incas, un roman datant de 1757, Marmontel situe dans le passé, au XVIe siècle, la découverte par les Espagnols d’une île du Pacifique où des « sauvages » vivent en parfaite harmonie avec la nature. Il rattache ainsi son utopie au mythe antique de l’âge d’or. Les îles-planètes de la science-fiction sont souvent situées dans un avenir lointain.
Dans La Colonie, l’éloignement se fait dans l’espace : l’île où se retrouvent les personnages est un « pays sauvage » (sc. 2) dont les habitants indigènes le sont apparemment tout autant.
Dans L’Île des esclaves, Marivaux utilise ensemble ces deux modes d’éloignement : l’île est d’abord doublement décalée dans l’espace : en Grèce et non pas en France (du point de vue du spectateur), loin en mer et non pas près d’Athènes (du point de vue des personnages). Mais elle est aussi décalée dans le temps, puisque l’action est censée se dérouler dans l’Antiquité ; cela permet à Marivaux, entre autres, de radicaliser l’opposition entre les classes sociales, en remplaçant les valets modernes par des esclaves antiques.
Notons que dans L’Île de la Raison est introduite une troisième distance avec le monde réel : celle du merveilleux, puisque dans cette île peuplée de géants les êtres humains peuvent changer de taille, grandir suivant leur degré de raison. Au contraire, les deux autres pièces ne recourent pas au merveilleux : elles sont en prise plus directe avec la réalité sociale de leur temps.
Enfin, les communications entre le monde de l’utopie et le monde réel sont rares et difficiles : on n’y arrive que par accident, le plus souvent à la suite d’une catastrophe : un naufrage pour les personnages de L’Île des esclaves, (c’est la circonstance la plus fréquente), un exil forcé pour ceux de La Colonie.

Sur le voyage vers l’utopie :
http://expositions.bnf.fr/utopie/arret/d2/index.htm

Pistes de recherche : Comment arrive-t-on sur les îles de l’utopie ? Comment est indiquée la coupure avec le monde réel ? Rechercher des ouvrages de science-fiction où la planète inconnue joue le même rôle que l’île dans l’utopie.

 


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5 - La fin de l’utopie ?

            Par définition, une pièce de théâtre n’a qu’une durée limitée. L’action représentée trouve son issue dans un dénouement qui la clôt. Or, comment concilier cette exigence avec la nature de l’utopie, qui est la description d’une société idéale, donc stable, et qui devrait ainsi échapper à la corruption et à la dégradation et ne pas connaître de fin ?
            Dans les pièces que nous étudions, Marivaux recourt à deux solutions différentes : à la fin de L’Île des esclaves, le monde utopique reste inchangé et semblable à lui-même : les anciens esclaves ont établi une société égalitaire, fondée sur la raison, et dont l’équilibre apparaît définitif. Ce qui met fin à la pièce, c’est le départ des personnages principaux, qui retournent dans le monde des hommes ; leur contact avec l’utopie n’aura été que passager. Pendant toute la pièce, ils seront d’ailleurs restés sur le rivage de l’île, sans se mêler à ses habitants, représentés par le seul Trivelin. Ils ramènent cependant dans le monde réel un peu des principes raisonnables auxquels ils auront été initiés. Marivaux propose ainsi une solution élégante à la question de l’utilité de l’utopie : certes, une société idéale est inaccessible ; pourtant nous pouvons en retenir quelque chose pour améliorer notre organisation sociale.
            Dans La Colonie, la conclusion est très différente : on aboutit à un échec total. Le tort des femmes, malgré leurs principes généreux, est de vouloir concrétiser une utopie, l’incarner dans un groupe social qui fonctionne en fait comme le monde réel et où personne n’est prêt à admettre l’égalité, pas même les héroïnes de la pièce. L’utopie est donc ramenée au monde réel. L’île perd ce qui aurait pu être sa différence.

Piste de recherche : Étudier le dénouement de la troisième pièce utopique de Marivaux, L’Île de la raison, où est mise en œuvre une solution encore différente…

Pour lire L’Île de la raison :
http://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99%C3%8Ele_de_la_raison_ou_les_Petits_Hommes

 


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6 - Le bon sauvage : l’utopie insulaire peut-elle exister dans le monde réel ?

            La question peut paraître absurde, en contradiction avec la définition même de l’utopie. Il semble bien pourtant que les contemporains de Marivaux aient pu parfois nourrir l’illusion que les voyages d’exploration les mettaient en contact avec des sociétés insulaires qui offraient un modèle d’harmonie dans les relations entre les hommes et avec la nature, notamment dans les îles du Pacifique. Un acteur important de cette illusion est le navigateur français Bougainville, qui aborde à Tahiti en 1768 et en rapporte un célèbre récit de voyage qui est à la source d’un véritable mythe exotique.

Sur Bougainville :
http://www.herodote.net/histoire/synthese.php?ID=283

Des penseurs et des philosophes s’emparent de ce récit et d’autres semblables pour rêver aux traces qui survivraient d’un âge d’or, d’une utopie qui ne serait pas à construire, mais qui existerait déjà dans certaines contrées éloignées. C’est « le mythe du bon sauvage », illustré notamment par J.-J. Rousseau (Discours sur l’origine de l’inégalité, 1755), D. Diderot (Supplément au voyage de Bougainville, 1772).

Sur le mythe du bon sauvage :
http://www.cvm.qc.ca/encephi/Syllabus/Litterature/18e/bonsauvage.htm
Sur ses enjeux philosophiques :
http://www.lettres.ac-versailles.fr/spip.php?article729

            Il semble bien que Bougainville et d’autres voyageurs aient été victimes de leurs lectures : à trop lire d’utopies, ils ont sans doute voulu à toute force les retrouver dans les îles qu’ils exploraient, quitte à fermer les yeux sur des réalités gênantes. C’est en tout cas ce qu’explique l’essayiste J.-Fr. Revel (La Connaissance inutile, 1988) :

« En revanche, dès qu'il s'agit des mœurs et de la société, les « navigateurs-philosophes », comme on les appelle, les Anglais Samuel Wallis et James Cook, le Français Louis-Antoine de Bougainville, se révèlent, à la lettre, incapables, trop souvent, de percevoir ce qu'ils ont sous les yeux. Ils se sont embarqués à la poursuite de l'utopie réalisée, de la « nouvelle Cythère », et ils font de leurs songes la matière première de leurs observations. Il leur faut un « bon sauvage » honnête : aussi passent-ils sous silence ou ne mentionnent-ils que du bout des lèvres les larcins incessants dont ils sont victimes. Lebon sauvage doit être épris de paix : ils ne s'aviseront donc qu'à regret, sans y insister, des guerres tribales qui ensanglantent sans cesse les îles au moment même de l’expédition. Quand des navires européens sont attaqués, des matelots massacrés les narrateurs européens effacent le plus possible de leurs récits ces épisodes déplaisants pour s'appesantir sur les périodes de réconciliation et d'amitié avec les Tahitiens. »

 

Quelques utopies insulaires :

Jonathan SWIFT : Voyages de Gulliver, 1726.
            Dans la quatrième partie de ce roman, « Voyage chez les Houyhnhnms » le héros, Gulliver, est abandonné sur une île où des chevaux parfaitement beaux et intelligents, les Houyhnhnms, ont domestiqué des créatures humaines méchantes et ignobles, les Yahoos. Ces chevaux sont l’image d’une humanité idéale dont les mœurs et l’organisation sociale seraient fondées sur la raison. Mais une ombre plane sur cette utopie : des êtres humains raisonnables ne seraient-ils pas aussi parfaitement insensibles ?

Jules VERNE : L’Île mystérieuse, 1874.
            Ce roman raconte l’arrivée sur une île déserte de cinq Américains, après un accident de ballon ; forts de leurs connaissances scientifiques et techniques, ils vont développer à partir de rien une microsociété fondée sur l’exploitation harmonieuse de la nature et sur un idéal social de solidarité. Cette utopie optimiste reflète la croyance au progrès qui est celle des milieux scientifiques au XIXe siècle.

William GOLDING : Sa Majesté des mouches, 1954.
            C’est une « contre-utopie », qui montre la fragilité des valeurs de la civilisation. Livré à lui-même sur une île déserte après un accident d’avion, un groupe d’enfants voit se défaire peu à peu tous les schémas sociaux, remplacés par une organisation primitive et sauvage, avec des pratiques sanguinaires.

Georges PEREC : W ou le souvenir d’enfance, 1975.
            Dans ce livre, l’auteur alterne l’évocation de sa propre enfance, marquée par la guerre de 1939-1945 et la disparition de ses parents, avec la reconstitution d’un récit qu’il avait écrit à l’âge de 13 ans : dans une île lointaine, W, est établie une société fondée uniquement sur la pratique du sport et l’idéal olympique. On comprend vite que dans cet univers totalitaire l’encadrement de l’individu par l’État, le culte de la compétition et de la victoire à tout prix aboutissent à la déshumanisation. Dans cette « contre-utopie », c’est l’horreur des camps nazis qui transparaît.

 

Pour aller plus loin :

- un livre : A. Manguel et G. Guadalupi, Dictionnaire des lieux imaginaires, Actes sud / Leméac, 1998. Cet ouvrage recense de très nombreuses îles imaginaires et beaucoup d’utopies (mais pas les pièces de Marivaux).

- des romans accessibles à tous sur le thème de l’île (mais pas toujours de l’utopie) :
http://www.weblettres.net/spip/article.php3?id_article=882

- une bibliographie plus complète sur l’île et l’utopie (ouvrages parfois plus difficiles) :
http://jacbayle.perso.neuf.fr/livres/Utopie/liste04.html

 

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