NATURE MORTE AU HOMARD - 1827

Huile sur toile 80,5 x 106,5

Merveilles de la nature

En 1827, Delacroix peint son Dante et Virgile, les Massacres de Scio et la Mort de Sardanapale. Trois peintures d’histoire. La même année il peint la Nature morte au homard. Nous sommes devant une nature morte réalisée par un peintre d’histoire. Pas de figure humaine, pas d’action, un sujet sans beaucoup d’intérêt : sommes-nous devant une nature morte ou devant un paysage? L’œuvre serait incompréhensible si l’on ne se souvenait qu’en 1824, Delacroix fut ébloui par le paysagiste anglais Constable pour qui il y a des merveilles dans toutes les parties de la nature, dans le moindre des animaux.

Au premier plan, le homard

La mise au premier plan du homard étonne par sa position centrale, et il est traité avec habileté : composition, rendu des matières, accord coloré. Le paysage lui, s’étend à l’infini sans la composition traditionnelle par écrans; c’est par la dégradation atmosphérique des tons vers les lointains que le regard est entraîné. L’alternance des clairs et des sombres permet de construire le raccord entre la terre et le ciel sans bloquer le parcours de la vision et sans se détourner par trop d’architecture du motif central.

Une fusion de trois genres

On a dit que ce tableau réunissait trois genres - la nature morte, le paysage et la scène de chasse. Cette synthèse est très sensible car si la nature morte dans un paysage de plein air existe chez Jean Fyt, il est rare que l’on mélange homards et gibiers dans la peinture flamande.

Donation Moreau-Nélaton

Ce tableau entra en 1906 au musée du Louvre grâce à Étienne Moreau-Nélaton (1859-1927), peintre et historien, qui donna un ensemble de tableaux et de dessins d’artistes du XIXe siècle, allant de Géricault à Monet et de Delacroix à Manet. Il écrivit en 1916 un livre de référence sur Eugène Delacroix, Delacroix raconté par lui-même.

© [Louvre.edu] Vincent Pomarède

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