VARIATIONS SUR UN TABLEAU DE GREUZE - IV |
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| Je retirai subitement la main qui couvrait mes yeux et relevai lentement la tête. Peu à peu, tandis que mes yeux s'habituaient progressivement à l'obscurité qui régnait dans la pièce, le fantôme de ce qui fut autrefois mon père se matérialisa doucement devant moi. Traversant l'épaisseur troublée de mes pensées, certains bruits parvenaient parfois jusqu'à mon esprit et me ramenaient à la réalité. Les sanglots aigus de mes deux surs me parvinrent soudain et détournèrent mon attention de ma contemplation morbide. |
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| Joshua, en revanche, n'ayant encore jamais connu de pareilles circonstances, implorait ma sur de le hisser vers le gisant afin qu'il puisse l'observer. | |||||
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Il ne laissait
transparaître aucun regret pour le crime qu'il avait commis, si ce n'est quelques larmes
que son hypocrisie lui permettait de verser, afin de ne pas offusquer les autres, encore
dans l'ignorance. Moi seul avais assisté au parricide que commettait mon frère qui, féru de tragédie grecque et de drame shakespearien, avait empoisonné son propre père. Trahi de son vivant, il était maintenant déshonoré par la présence du chien d'Hector, aussi joyeux que son maître en ce jour funeste. |
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| En voyant ce frère criminel, hypocrite vil, un sentiment violent de haine s'insérait en moi. Mais je ne pouvais supporter cette tristesse, cette hargne, et la douleur qu'engendraient ces pensées en moi. Pris de sanglots, je me cachai d'une main le visage et priai pour que tout cela cesse, pour que tout s'arrête, que le temps se fige. | |||||
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Laurent Gouby |
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| LA CIRCULATION DU REGARD DANS LE TABLEAU
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