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| On était en hiver, le sol était gelé, il avait neigé peu de temps auparavant. Je me rappellerai longtemps cette journée, le dix-huit brumaire. Quand je suis rentré, j'ai tout de suite su que quelque chose n'allait pas. J'entendais des pleurs et des gémissements. Je me suis dirigé vers la chambre de mon père. |
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| Il était allongé dans son lit, le visage terreux posé sur des oreillers ; je distinguais seulement ses yeux rougis au centre du visage ; ses traits étaient figés par la fatigue. Il n'était pas tout seul ; assise à son chevet se trouvait ma sur. Elle lui tenait le bras, lui serrait la main, se lamentait ; son petit garçon, pendu à son corsage, braillait. | |||||
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| Moi, à peine entré, je ployais sous le poids de la douleur et de la responsabilité. Je me demandais comment nous avions pu en arriver là | |||||
| Tout avait commencé en l'an 1789. Nous
étions en ce temps-là installés dans notre propriété du Dauphiné. Une belle maison
de type ancien, aux poutres de bois avec de nombreuses sculptures, entourée d'un parc
arboré et fleuri où j'aimais gambader quand j'étais petit. Cette année-là mon dernier
frère venait de naître. On l'avait baptisé Joseph, comme mon père. Ma mère se
remettait lentement de sa grossesse. Mais plus tard, tout s'est dégradé. Le 5 mai 1789, les
porte-parole du Tiers-État dont je faisais partie s'étaient réunis pour les États
généraux. Le roi n'a pas tenu compte de nos revendications, il voulait juste que nous
acceptions de nouveaux impôts. Soutenus par certains représentants du clergé, et comme
nous représentions la plus grande partie de la nation, nous nous sommes élevés contre
l'homme le plus puissant de France, le Roi ! Mon père a appris la nouvelles par des villageois. Il
s'est mis dans une colère noire, il m'a frappé sous les yeux de mes frères et
surs terrorisés, puis il m'a dépossédé et coupé le vivres. Il m'accusait de
m'être allié aux paysans et aux brigands qui grondaient sur ses terres contre le
seigneur. Moi, je suis resté à Paris pour suivre les événements. Au début de l'été, les premiers grands mouvements de révolte ont commencé. Ils étaient de plus en plus durs et meurtriers et les revendications s'étaient transformées depuis les débuts de la révolte. Maintenant les villageois parcouraient les ruelles, armés de fourches, de piques et de faux. Ils scandaient des devises " À bas les aristos ! À la lanterne ! " Mes opinions avaient changé, je n'étais plus du tout d'accord avec cette agitation. J'ai donc décidé de retourner en Provence. Je me suis dépêché, je changeais toutes les quatre heures de cheval dans les relais. Je suis arrivé deux jours après mon départ de Paris, pour trouver mon père mort. Laureline Hartemann |
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LE TEMPS DU RÉCIT 1. Le temps historique : Ce récit est daté historiquement. Vérifiez qu'il n'y a aucun anachronisme. Corrigez-les s'il y a lieu. 2. Le temps du récit : Lisez le premier puis le dernier paragraphe. Quelles corrections faut-il faire pour rétablir la cohérence dans le temps ? |