|
Le problème est-il résolu ? I - En France |
|||
|
À travers les éloges et les blâmes ou l’évolution de la situation qu’il décrit, quelle attitude, quelles décisions Hugo cherche-t-il à faire adopter ? |
|||
|
*
[La révolution de juillet : Ce
sont les "trois glorieuses" du 27-28-29 juillet 1830 qui
amenèrent la chute de Charles X et l'accession de Louis-Philippe au
pouvoir.] *Eh
bien, dans le premier article de la constitution que vous votez, vous venez de
consacrer la première pensée du peuple, vous avez renversé le trône.
Maintenant consacrez l’autre, renversez l’échafaud. (Applaudissements à
gauche. Protestations à droite.) *Messieurs,
parmi les journées de février
[1848], journées qu’on ne peut comparer à
rien dans l’histoire, il y eut un jour admirable, ce fut celui où
cette voix souveraine du peuple qui, à travers les rumeurs confuses de
la place publique, dictait les décrets du gouvernement provisoire,
prononça cette grande parole : "La peine de mort est abolie
en matière politique". *Messieurs,
cette grande chose, ce décret fécond qui contient en germe tout un code, ce
progrès, qui était plus qu’un progrès, qui était un principe, l’Assemblée
constituante l’a adopté et consacré. Elle l’a placé, je dirais presque au
sommet de la constitution, comme une magnifique avance faite par l’esprit de
la révolution à l’esprit de la civilisation, comme une conquête, mais
surtout comme une promesse, comme une sorte de porte ouverte qui laisse pénétrer,
au milieu des progrès obscurs et incomplets du présent, la lumière sereine de
l’avenir. *[Il
s'agit d'un projet de loi qui déporte dans deux îles lointaines les
condamnés de la révolution de 1848 et qui, de plus, les emprisonne.] *Nous
assistons en ce moment à une chose terrible, c’est le triomphe de la
mort. On croyait la mort vaincue. On la croyait vaincue dans la loi, on
la croyait vaincue dans la diplomatie. On entrevoyait la fin du coupe-tête
et la fin du reître. Tout à coup
l’an 1870 s’est levé, ayant dans sa main droite l’épée, et dans
sa main gauche la hache. La mort a reparu, Janus épouvantable, avec ses
deux faces de spectre, l’une qui est la guerre, l’autre qui est le
supplice. *Et,
chose fatale, pendant que la revanche se dresse au dehors, la vengeance
se dresse au dedans. La vindicte, si vous voulez. On a fait ce progrès,
adosser les patients à un mur au lieu de les coucher sur une planche,
et remplacer la guillotine par la mitrailleuse. Et tout le terrain
qu’on croyait gagné est perdu, et le monstre qu'on croyait vaincu est
victorieux, et le glaive règne sous sa double forme, hache du bourreau,
épée du soldat ; de sorte qu’à cette minute sinistre où le
commerce râle, où l’industrie périt, où le travail expire, où la
lumière s’éteint, où la vie agonise, quelque chose est vivant,
c’est la mort. * [Le
maréchal Bazaine avait été condamné à mort pour trahison après la
chute de Napoléon III. Sa peine a été commuée en 20 ans de prison.] *Cet
homme avait assassiné la patrie. Le haut conseil de guerre a jugé
qu’il méritait la mort, et a déclaré qu’il devait vivre.
|
|||
|
|
|||