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La peine de mort est-elle utile ? (II) |
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est l'argument de la société en faveur de la peine de mort ? Qu'en est-il dans la réalité ? |
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j'avais ma grâce ? – Avoir ma grâce ! Et par qui ? et
pourquoi ? et comment. ? Il est impossible qu'on me fasse grâce.
L'exemple ! comme ils disent. Le Dernier jour d'un condamné - 1829 *Le
couteau remonta et retomba cinq fois, cinq fois il entama le condamné,
cinq fois le condamné hurla sous le coup et secoua sa tête vivante en
criant grâce ! Le peuple indigné prit des pierres et se mit dans sa
justice à lapider le misérable bourreau. (...) La foule, pleine de pitié,
était sur le point de forcer les gendarmes et de venir à l'aide du
malheureux qui avait subi cinq fois son arrêt de mort. *Mais
vous, est-ce bien sérieusement que vous croyez faire un exemple quand
vous égorgillez misérablement un pauvre homme dans le recoin le plus désert
des boulevards extérieurs ? En Grève, en plein jour, passe encore ;
mais à la barrière Saint-Jacques ! mais à huit heures du matin !
Qui est-ce qui passe là ? Qui est-ce qui va là ? Qui est-ce
qui sait que vous tuez un homme là ? Qui est-ce qui se doute que
vous faites un exemple là ? Un exemple pour qui ? Pour les
arbres du boulevard, apparemment. *À
Paris, nous revenons au temps des exécutions secrètes. Comme on n'ose
plus décapiter en Grève depuis juillet, comme on a peur, comme on est lâche,
voici ce qu'on fait. On a pris dernièrement à Bicêtre un homme, un
condamné à mort, un nommé Désandrieux, je crois ; on l'a mis dans
une espèce de panier traîné sur deux roues, clos de toutes parts,
cadenassé et verrouillé ; puis, un gendarme en tête, un gendarme
en queue, à petit bruit et sans foule, on a été déposer le paquet à
la barrière déserte de Saint-Jacques. Arrivés là, il était huit
heures du matin, à peine jour, il y avait une guillotine toute fraîche
dressée et pour public quelque douzaine de petits garçons groupés sur
les tas de pierres voisins autour de la machine inattendue ; vite, on
a tiré l'homme du panier, et, sans lui donner le temps de respirer,
furtivement, sournoisement, honteusement, on lui a escamoté sa tête.
Cela s'appelle un acte public et solennel de haute justice. Infâme dérision ! *Vous
le voyez, monsieur, les choses se sont bien passées. Cela a été
complet, Si c’est un cri d’horreur qu’on a voulu, on l’a. *Quelques
pas encore, et vous arrivez aux abominables ormes étêtés de la barrière
Saint-Jacques, cet expédient des philanthropes cachant l'échafaud, cette
mesquine et honteuse place de Grève d'une société boutiquière et
bourgeoise, qui a reculé devant la peine de mort ; n'osant ni
l'abolir avec grandeur, ni la maintenir avec autorité. |
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