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La peine de mort est-elle utile ? (III) |
| Quelle influence a-t-elle sur le peuple ? |
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y a au fond des hommes un sentiment étrange qui les pousse, ainsi qu'à
des plaisirs, au spectacle des supplices. Han d'Islande - 1823 *Au
bas de l'escalier, une noire et sale voiture grillée m'attendait. Au
moment d'y monter, je regardai au hasard dans la place. – Un condamné
à mort ! criaient les passants en courant vers la voiture. *Oh !
est-il bien vrai que je vais mourir avant la fin du jour ? Est-il
bien vrai que c'est moi ? Ce bruit sourd de cris que j'entends
au-dehors, ce flot de peuple joyeux qui déjà se hâte sur les quais, ces
gendarmes qui s'apprêtent dans leurs casernes, ce prêtre en robe noire,
cet autre homme aux mains rouges, c'est pour moi ! c'est moi qui vais
mourir ! *En
ce moment la porte extérieure s'est ouverte à deux battants. Une clameur
furieuse et l'air froid et la lumière blanche ont fait irruption jusqu'à
moi dans l'ombre. Du fond du sombre guichet, j'ai vu brusquement tout à
la fois, à travers la pluie, les mille têtes hurlantes du peuple entassées
pêle-mêle sur la rampe du grand escalier du Palais ; à droite, de
plain-pied avec le seuil, un rang de chevaux de gendarmes, dont la porte
basse ne me découvrait que les pieds de devant et les poitrails ; en
face, un détachement de soldats en bataille ; à gauche, l'arrière
d'une charrette, auquel s'appuyait une roide échelle. Tableau hideux,
bien encadré dans une porte de prison. *Au
détour du pont, des femmes m'ont plaint d'être si jeune. *Comment !
une loi serait funeste, elle donnerait à la foule des spectacles
immoraux, dangereux, dégradants, féroces, elle tendrait à rendre le
peuple cruel, à de certains jours elle aurait des effets horribles, –
et les effets horribles que produirait cette loi, il serait interdit de
les signaler ! *Je
sais bien que les philosophes sont des songe-creux. – À qui en
veulent-ils ? Vraiment, ils prétendent abolir la peine de mort !
Ils disent que la peine de mort est un deuil pour l’humanité. Un deuil !
qu’ils aillent donc un peu voir la foule rire autour de l’échafaud !
qu’ils rentrent donc dans la réalité ! Où ils affirment le
deuil, nous constatons le rire. Ces gens-là sont dans les nuages.
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