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Convaincre
et persuader tiennent à l’effet produit sur celui ou ceux à qui on s’adresse :
ils constituent deux grandes visées de l’argumentation et concernent,
au premier chef, le destinataire dont on cherche à conquérir l’adhésion.
Mais les voies de cette conquête sont différentes.
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Celui qui
cherche à convaincre s’attache au cheminement des raisons qui
conduiront au résultat espéré: l’adhésion réfléchie de son
auditoire.
Il développe une démarche
intellectuelle pour faire triompher les valeurs qu’il défend et obtenir
que son interlocuteur accepte ses raisons, les partage, les fasse siennes et se
déclare alors convaincu.
Même s’il ne s’adresse qu’à un seul
interlocuteur, celui qui cherche à convaincre vise à travers celui-ci un
destinataire plus général. L’adhésion ne s’obtient que dans la mesure où
l’interlocuteur individuel peut reconnaître son appartenance à un auditoire
général ou même universel.
Les démarches de la conviction relèvent de
la raison, du dialogue et de l’échange ; elles sollicitent le
savoir. Elles incluent un rôle important des implications logiques et des
références, implicites ou explicites. La littérature didactique en est un des
lieux.
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Celui qui veut persuader cherche à
obtenir une adhésion spontanée et affective de son destinataire.
La persuasion vise un destinataire
particulier – individuel ou collectif – dont on sollicite les attentes,
les rêves ou les émotions : c’est le cas par exemple de la
publicité qui cherche à persuader plus qu’à convaincre en jouant sur des
rêves de beauté, de prestige, de confort…
La littérature abonde de formes de
persuasion par la séduction, le charme, la beauté, l’agrément. La
persuasion relève davantage de la conviction, de la suggestion, de la
séduction, de la tentation ; elle sollicite moins le savoir que le
désir ou la crainte.
Alors qu’on accepte d’être convaincu
par les raisons d’autrui, on est persuadé en fait par des raisons qu’on
porte en soi. Aussi le rôle de l’implicite culturel et des sentiments
partagés y est-il grand.
Persuader se fait souvent non seulement par
une argumentation directe, affichée comme telle, mais aussi par une
argumentation indirecte, sous le voile du récit, du dialogue, de l’agrément
ou du divertissement ; ces formes indirectes seront étudiées
particulièrement en classe de première.
[Textes d'accompagnement - CNDP septembre 2001 -
pp. 40 à 45]
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