L'épreuve anticipée orale de français
Recommandations pour l'Académie de ROUEN
François DIDIER - Valérie FRYDMAN - Jean-Marie HAILLANT
Inspecteurs d'Académie - Inspecteurs Pédagogiques Régionaux de Lettres
Ces nouvelles recommandations sont l'occasion de rappeler que l'enseignement du français au lycée a pour finalité la maîtrise de l'expression, l'acquisition d'une culture et l'exercice de la réflexion critique. Dans ce but, le programme fonde l'accès à la culture sur la lecture des textes et des ouvres littéraires. " La formation d'une culture et la connaissance de la littérature demandent des lectures nombreuses et diversifiées. L'enseignement du français au lycée porte donc avant tout sur des textes, essentiellement littéraires. " (B.O. n°28 du 12 juillet 2001).
Les Instructions Officielles insistent sur la nécessité d'orienter ces lectures par des perspectives qui mettent l'accent sur l'histoire littéraire dans laquelle tout texte se situe, sur les genres et les registres qui régissent toute forme de discours, sur l'argumentation qui rappelle l'importance des effets sur le lecteur et naturellement sur le caractère singulier de chaque ouvre. Elles recommandent également de construire les séquences d'enseignement autour d'une ouvre ou d'un groupement de textes et à partir d'une problématique, dans le cadre d'un ou de plusieurs objets d'étude. " .Un objet d'étude peut être abordé à l'intérieur d'une ou de plusieurs séquences ; une séquence peut aussi rassembler des éléments issus de plusieurs objets d'étude. " Il convient de souligner que les objets d'étude ne sont que les champs à l'intérieur desquels le professeur choisit les ouvres qu'il fait étudier. Il est de sa responsabilité de définir les orientations et les démarches susceptibles de guider l'étude des ouvres et des textes. Le descriptif, rédigé par le professeur et complété par l'élève, est le reflet de ces choix et présente les lectures et les activités de l'année de première.
L'épreuve anticipée de français évalue la culture, la maîtrise de l'expression et les capacités de réflexion qu'il convient d'attendre du candidat à cet âge et à ce niveau d'étude.
L'expérience de la première session de la nouvelle épreuve anticipée de français et la modification de l'épreuve orale nous conduisent à ajuster les recommandations académiques1. Comme l'an dernier, elles répondent à vos souhaits d'harmonisation et à votre souci d'équité entre les candidats. Elles se réfèrent aux documents suivants :
- B.O. n°3 du 16 janvier 2003 : nouvelles définitions des épreuves orales de l'EAF.
- Note de l'Inspection Générale sur les " Epreuves orales de l'EAF : quelques exemples de questions " (Note toujours valable pour la première partie de l'épreuve et consultable sur le site académique).
Elles suivent le déroulement de l'examen point par point et sont complétées par deux annexes. La première est une fiche synthétique de l'épreuve orale que les professeurs pourront communiquer à leurs élèves et que les examinateurs pourront afficher à la porte de leur salle. La seconde concerne la rédaction du descriptif et propose quelques conseils.
Elles ont été élaborées par un groupe de travail placé sous la responsabilité des Inspecteurs d'Académie - Inspecteurs Pédagogiques Régionaux de Lettres et constitué de quelques professeurs :
Marie BERTHELIER Lycée Fresnel Bernay
Jean-Pierre BOUVERET Lycée Corneille Rouen
Annie-Claude BRUNEVAL Lycée Jehan Ango Dieppe
Hervé CHESNAIS Lycée Jacques Prévert Pont-Audemer
Bérengère FAUCON Lycée Jeanne d'Arc Rouen
Catherine FORTIER Lycée Georges Dumézil Vernon
Philippe GUILLON Lycée Galilée Franqueville-Saint-Pierre
François LABRUNE Lycée Jacques Prévert Pont-Audemer
Andrée MELO Lycée Jeanne d'Arc Rouen
Laure RAIZON Lycée François 1er Le Havre
Françoise ROBIN Lycée Galilée Franqueville-Saint-Pierre
Dominique SISSMANN Lycée Gustave Flaubert Rouen
1. Ce qui concerne l'écrit sera élaboré par les commissions d'entente restreinte pour la correction des copies d'examen.
Le déroulement de l’épreuve orale anticipée de français
Les citations en italique sont extraites du B.O. n°3 du 16 janvier 2003.
2. Les éléments de l’interrogation : le bulletin de passage, le texte, la question
- Le bulletin de passage :
Le texte de la première partie et la question sont indiqués par écrit au candidat sur le bulletin de passage.
- Le choix du texte :
" L’extrait est tiré d’un des groupements de textes ou d’une des œuvres intégrales étudiées en lecture analytique figurant sur le descriptif.
Trois possibilités sont offertes à l’examinateur qui adapte ses attentes et son évaluation à la possibilité qu’il a retenue :
- interroger sur un texte ou un extrait de texte figurant dans un groupement de textes ;
- interroger sur un extrait –ayant fait l’objet d’une explication en classe- tiré d’une des œuvres intégrales étudiées en lecture analytique ;
- interroger sur un extrait –n’ayant pas fait l’objet d’une explication en classe- tiré d’une des œuvres intégrales étudiées en lecture analytique. "
" En aucun cas le candidat n’est interrogé, pendant cette partie de l’épreuve, sur les lectures cursives. "
- Si le texte retenu par l’examinateur est long, il peut demander au candidat de n’en lire qu’une partie qu’il délimitera sur le bulletin de passage ou qu’il le laissera choisir.
- La question :
" Une question écrite amène le candidat à étudier, en lien avec l’objet d’étude ou les objets d’étude retenu(s), un aspect essentiel du texte. Elle est formulée avec clarté et évite toute utilisation abusive de termes techniques (…) Elle appelle une interprétation fondée sur une observation précise du texte. "
3. La préparation :
- Avant de s’installer, le candidat signe le bulletin de passage.
- Dès lors, il dispose d’un temps de préparation de trente minutes.
4.Le déroulement de l’interrogation orale :Chaque candidat est interrogé pendant vingt minutes, quelles que soient les circonstances. Chaque partie, d’une durée de 10 minutes, est notée sur 10 points.
A. Première partie : l’exposé du candidat (dix minutes, dix points)
1. Le candidat doit répondre à la question. Il le fait de façon ordonnée, en s’appuyant précisément sur le texte : présentation, lecture, développement clair, conclusion.
2." L’examinateur n’intervient que de façon très exceptionnelle :
- " Pendant la durée de l’exposé, seulement si le propos du candidat tourne court ;
- à la fin de l’exposé, s’il juge indispensable de vérifier la compréhension littérale du texte par le candidat ",
sans que jamais la première partie puisse dépasser dix minutes.
3. Si le texte proposé n’a pas été spécifiquement étudié en classe, l’examinateur en tient compte et adapte ses exigences. Il évalue les capacités du candidat à situer l’extrait, à en comprendre la signification et à reconnaître des éléments caractéristiques des perspectives dans lesquelles l’œuvre a été étudiée.
B. Deuxième partie : l’entretien avec le candidat (dix minutes, dix points)
1. " La seconde partie de l’épreuve est un entretien, pendant lequel l’examinateur s’attache à conduire un dialogue permanent avec le candidat. (…) Il s’appuie sur les propos du candidat et conduit un dialogue ouvert. (…) Il cherche :
- à ouvrir des perspectives ;
- à approfondir et élargir sa réflexion, en partant du texte qui vient d’être étudié pour aller vers :
a. l’ œuvre intégrale ou le groupement d’où ce texte a été extrait ;
b. une des lectures cursives proposées en relation avec le texte qui vient d’être étudié ;
c. l’objet d’étude ou les objets d’étude en relation avec le texte qui vient d’être étudié ;
- à évaluer les connaissances du candidat sur l’œuvre ou l’objet d’étude ; apprécier l’intérêt du candidat pour les textes qu’il a étudiés ou abordés en lecture cursive ;
- à tirer parti des lectures et activités personnelles du candidat. "
" L’examinateur ne se livre pas à un " corrigé " de la première partie de l’épreuve. "
2. Dans son questionnement et ses attentes, l’examinateur veillera à distinguer les œuvres étudiées en lecture analytique et les œuvres lues en lecture cursive. En effet, ces dernières n’ont pas été étudiées et elles ont parfois été lues au début de l’année. La connaissance que les élèves en ont ne peut évidemment pas être du même ordre que celle des œuvres étudiées en lecture analytique avec le professeur. D’une façon générale, l’entretien s’efforce de permettre au candidat de mettre en valeur ses lectures et ses connaissances, en tenant compte de son âge et de son niveau d’étude.
3. Le programme permet une pluralité d’approches. Dans la formulation des questions, l’examinateur tient compte de la façon dont les séquences abordent les objets d’étude ainsi que des choix du professeur et se garde d’exprimer quelque jugement que ce soit.
4. Au terme de cet entretien, l’examinateur met fin à l’épreuve orale, sans fournir d’indications sur la qualité de l’ensemble ou d’une partie de la prestation, ni donner la note ou même une note approximative ( les notes ne seront fixées qu’après l’harmonisation).
5. Evaluation de l’interrogation orale :
Les examinateurs s’entendront sur leurs attentes lors des réunions d’harmonisation préalable, en prenant comme références les indications fournies dans le B.O n°3 du 16 janvier 2003 et dans la note de l’Inspection Générale sur les épreuves orales (voir le site académique).
Les attentes doivent correspondre à une épreuve de culture générale, non de spécialité de littérature.
L’examinateur fondera son évaluation de chacune des deux parties de l’oral sur les trois critères suivants :
- pertinence de la réponse (ou des réponses)
- connaissances,
- qualité de l’expression.
(le B.O. propose un tableau développant ces trois critères pour les deux parties de l’épreuve)
- Il convient d’équilibrer le poids de ces trois critères dans la notation, sans accorder à l’un d’entre eux une importance démesurée.
- L’évaluation respecte les principes suivants :
- Utilisation de toute l’échelle de notation. La note 10 est une note moyenne qui
reflète une réussite moyenne relativement aux trois critères d’évaluation.
Prise en compte des acquis de l’année et des éléments de réussite, autant que descarences.
Valorisation des éléments de culture personnelle.
- Au cours de l’oral, les examinateurs confronteront leurs évaluations pour respecter l’équité entre les candidats. Les notes ne seront définitivement arrêtées qu’après la réunion d’harmonisation finale.
Annexe 1
DÉROULEMENT DE L’ÉPREUVE ORALE ANTICIPEE DE FRANÇAIS
à compter de la session de JUIN 2003
Les citations en italique sont extraites du B.O. n°3 du 16 janvier 2003.
1. Le candidat se présente à l’examinateur muni :
2. L’examinateur donne au candidat un bulletin de passage :
Le texte : " L’extrait est tiré d’un des groupements de textes ou d’une des œuvres intégrales étudiées en lecture analytique figurant sur le descriptif.
Trois possibilités sont offertes à l’examinateur qui adapte ses attentes et son évaluation à la possibilité qu’il a retenue :
- interroger sur un texte ou un extrait de texte figurant dans un groupement de textes ;
- interroger sur un extrait –ayant fait l’objet d’une explication en classe- tiré d’une des œuvres intégrales étudiées en lecture analytique ;
- interroger sur un extrait –n’ayant pas fait l’objet d’une explication en classe- tiré d’une des œuvres intégrales étudiées en lecture analytique. "
" En aucun cas le candidat n’est interrogé, pendant cette partie de l’épreuve, sur les lectures cursives. "
La question : " Une question écrite amène le candidat à étudier, en lien avec l’objet d’étude ou les objets d’étude retenu(s), un aspect essentiel du texte. Elle est formulée avec clarté et évite toute utilisation abusive de termes techniques (…) Elle appelle une interprétation fondée sur une observation précise du texte. "
- Le candidat en prend connaissance et signe le bulletin de passage qu'il garde pendant la préparation.
3. La préparation :
4. Le déroulement de l'épreuve en deux parties distinctes mais enchaînées :
I. Un exposé en dix minutes, qui répond à la question posée sur le texte.
Il peut suivre les étapes suivantes :
- Présentation du texte.
- Lecture du texte : " Le candidat fait une lecture à haute voix de la totalité ou d’une partie du texte à étudier, avant son exposé ou au cours de son exposé au choix de l’examinateur. "
- Rappel de la question posée.
- Réponse ordonnée à la question :
" L'exposé est ordonné. Il prend constamment appui sur le texte proposé mais ne peut consister en un simple relevé. Il présente, de façon libre mais adaptée, les éléments d'une réponse organisée à la question posée. "
- Conclusion.
N.B. : A la fin de l'exposé du candidat, l'examinateur peut poser des questions si l'exposé a été trop court ou s'il veut vérifier la compréhension littérale du texte par le candidat.
II. Un entretien de dix minutes :
" La seconde partie de l’épreuve est un entretien, pendant lequel l’examinateur s’attache à conduire un dialogue permanent avec le candidat. (…)Il s'agit d'évaluer ce que le candidat a retenu des lectures et des activités qui figurent sur le descriptif et d'apprécier sa culture personnelle. "
A l’issue de l’épreuve, l’examinateur ne communiquera aucune appréciation et n'indiquera aucune note au candidat.
Annexe 2
Le descriptif des textes et activités : contenu et présentation
Le descriptif est un document officiel qui reflète de façon sincère, concise et claire le travail effectué au cours de l’année de première, mais il peut aussi servir à clarifier avec les élèves les objectifs poursuivis et les démarches adoptées lors des séquences. Il est donc conseillé de le rédiger au fur et à mesure avec les élèves : à la fin de chaque séquence, il permet de faire le point sur le travail effectué au cours de la séquence. Quelle que soit sa présentation (tableau ou texte), le descriptif comporte les points suivants, dans cet ordre.
1. Un titre : priorité aux textes et aux œuvres :
La culture des élèves se construisant à partir de la lecture des textes et des œuvres, le descriptif doit mettre au premier plan les textes et les œuvres intégrales qui ont permis d’aborder les objets d’étude au programme. " Ces objets d’étude peuvent être abordés à l’intérieur d’une ou plusieurs séquences et, naturellement, une séquence peut rassembler les éléments issus de plusieurs objets d’étude. " (B.O. n°28 du 12 juillet 2001). Chaque séquence a donc pour titre celui de l’œuvre ou du groupement de textes.
2. Une problématique :
Chaque séquence (œuvre intégrale ou groupement de textes) doit se fonder sur une problématique présentée sous la forme d’une question simple qui justifie le choix des textes et en oriente l’analyse.
3. L’indication des objets d’étude et des perspectives :
Outre l’indication de l’objet (ou des objets) d’étude, il paraît important de signaler à l’examinateur les perspectives retenues (sur les notions littéraires ou les genres et registres, par exemple), pour préciser la nature des savoirs abordés au cours de la séquence à l’occasion des lectures.
4. Les textes étudiés en lecture analytique :
Il convient de donner les références précises de chaque texte abordé en lecture analytique, en indiquant l’édition du livre ou du manuel, la page ainsi que le début et la fin de l’extrait. Un titre conventionnel peut signaler les passages les plus connus, mais ne dispense pas de fournir les références.
Pour les œuvres intégrales, l’indication des extraits étudiés peut être complétée par les " approches d’ensemble retenues ", dans la mesure où l’ensemble de l’œuvre est considérée comme abordée en lecture analytique.
5. Les lectures cursives, documents complémentaires et activités :
Une séquence ne comporte pas obligatoirement des lectures annexes ou des activités (lectures, exposés, TPE, films, spectacles vus, expositions, rencontres, etc.). Celles qui sont proposées par le professeur sont indiquées sur le descriptif de la classe ; celles qui correspondent au travail personnel de l’élève sont notées sur son descriptif qu’il présente à l’examinateur en début de la demi-journée d’interrogation.
N.B. : En aucun cas un élève ne pourra retrancher un texte de son descriptif. En cas d’absence pour maladie, la suppression d’une partie du descriptif doit avoir été demandée par écrit au service des examens.
Quelques exemples de présentation de séquences qui nous ont paru intéressants
sont consultables sur le site académique
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Rappel du B.O. n°3 du 16 janvier 2003 :
" (Le descriptif) présente une série d’éléments apportant à l’examinateur les informations nécessaires sur le travail réalisé par le candidat pendant son année de première. Il précise de ce fait la problématique de chaque séquence ainsi que l’objet ou les objets d’étude abordés. Il indique également les textes (groupement ou œuvre intégrale) étudiés à l’intérieur de chaque séquence et la démarche retenue pour cette étude (lectures cursives ou analytiques, approches d’ensemble retenues pour l’étude des œuvres intégrales).
Il mentionne obligatoirement et clairement –afin de faciliter le travail des examinateurs- le manuel utilisé dans la classe, l’édition des œuvres intégrales et les références très précises des différents textes indiqués : édition, chapitre, page, début et fin de l’extrait. Il donne, le cas échéant, quelques indications sur les activités complémentaires – en particulier orales – proposées à la classe et sur le travail personnel de l’élève.
Le descriptif est signé par le professeur et visé par le chef d’établissement. Un exemplaire est remis à l’élève.
La mise en page-linéaire ou tabulaire- et la présentation de ces indications sont laissées à l’appréciation de chaque professeur ou de chaque équipe pédagogique. Dans tous les cas on veillera à préserver la concision et la lisibilité de ce document. "